Le transport de matières dangereuses, qu’il s’effectue par la route, par avion, par voie ferrée ou par voie maritime, fait l’objet d’une réglementation nationale et internationale visant à prévenir les risques pour les personnes, les biens et l’environnement. Voici cinq règles de base pour transporter des matières dangereuses.

1. Les marchandises dangereuses sont classées

On considère comme dangereuse toute matière susceptible d’entraîner des conséquences graves pour les personnes, les biens ou l’environnement de par ses propriétés chimiques ou physiques ou par la nature des réactions qu’elle peut provoquer. Les marchandises dangereuses sont classées en 9 classes par l’ONU: matières explosibles, gaz, liquides inflammables, matières solides inflammables et autoréactives ou sujettes à l’inflammation spontanée ou encore hydro réactives, matières comburantes ou peroxydes organiques, matières toxiques ou infectieuses, matières radioactives, matières corrosives, matières et objets dangereux pour l’environnement. À ces matières s’ajoutent les piles et batteries au Lithium, la Carboglace, les plantes et animaux OGM, les matières biologiques infectieuses (ou non) comme les vaccins, virus, toxines ou encore les déchets.

2. Des indications de danger sont apposées

Des indications de danger doivent être apposées sur les contenants servant au transport de matières dangereuses. Il s’agit :

  • Des étiquettes
  • Des plaques
  • Des marques et des signes.

Ainsi l’expéditeur a l’obligation d’apposer :

  • Une étiquette sur les petits contenants
  • Des plaques et le cas échéant le numéro UN sur les grands contenants

Le transporteur a, quant à lui, la responsabilité :

  • De veiller à ce que les étiquettes restent bien en place tout au long du trajet
  • D’apposer les plaques fournies par l’expéditeur sur le conteneur ou le véhicule.

3. Les marchandises dangereuses sont transportées dans des emballages adaptés

À moins d’en être exempté, les matières dangereuses doivent voyager dans des contenants normalisés dans le but d’éviter toute possibilité de rejet. Ces contenants portent une indication montrant qu’ils ont été fabriqués dans le respect des normes de sécurité auxquels ils sont assujettis. Certains de ces contenants nécessitent d’être inspectés, testés et marqués régulièrement. On distingue deux grandes catégories de contenants :

  • Les petits contenants d’une capacité de 450 litres maximum. Ce sont les cylindres, les jerricans, les seaux, les tonneaux, les fûts et les bouteilles.
  • Les grands contenants de plus de 450 litres. Il s’agit des citernes routières, des citernes amovibles et des grands récipients pour le vrac. Ces derniers ont une capacité inférieure à 3 000 litres et doivent être inspectés tous les cinq ans.

4. Une documentation particulière accompagne la marchandise

L’expéditeur doit obligatoirement établir un document d’expédition manuscrit ou imprimé et le remettre au transporteur avant de l’autoriser à prendre possession des marchandises dangereuses en vue de les transporter. Le transporteur a l’obligation de le conserver tout au long du transport. Sur ce document doivent figurer :

  • Le nom et l’adresse de l’expéditeur
  • La date d’établissement ou de remise du document
  • La description de chaque matière dangereuse et son classement dans les différentes catégories possibles
  • La quantité de matière transportée
  • Le nombre de contenants
  • Les coordonnées d’un contact autre que l’expéditeur, joignable en permanence et capable de fournir des renseignements techniques
  • Les changements éventuels concernant la quantité ou le nombre de contenants
  • Une attestation de l’expéditeur
  • Toute information complémentaire.

5. Des mesures de sécurité et de sûreté sont appliquées

S’agissant de matières dangereuses, le conducteur doit prendre plusieurs précautions et notamment :

  • Avant le départ : vérifier qu’il possède tous les documents d’expédition et que les indications de danger figurent bien sûr tous les contenants, contrôler l’arrimage du chargement et le respect des normes de charges et de dimensions, ainsi que l’état du véhicule avant le départ.
  • Pendant le transport : le chauffeur doit conduire prudemment et respecter les limites de vitesse, les distances de freinage, respecter les heures de conduite et contrôler régulièrement l’arrimage du chargement ainsi que l’état des pneus.

Le transport de matières dangereuses doit répondre à certaines normes, mais également faire l’objet de précautions particulières. C’est le respect de ces règles qui permet de limiter les risques auxquels il expose les personnes, les biens et l’environnement.